Comment l’hypnose m’a aidée à traverser l’épreuve du cancer…
Histoire d’une guérison hors du commun
Par Jean-Michel Gurret
« Notre peur la plus profonde n'est pas d'être inaptes. Notre peur la plus profonde est d'avoir un pouvoir incommensurable. C'est notre propre lumière, non pas notre noirceur, qui nous effraie le plus. Nous nous demandons : - qui suis-je pour être brillant, formidable, plein de talents, fantastique ? En réalité, pourquoi ne pourrions-nous pas l'être ? (…) Nous déprécier ne sert pas le monde. Ce n'est pas une attitude éclairée de se faire plus petit qu'on est pour que les autres ne se sentent pas inquiets. Nous sommes tous conçus pour briller, comme les enfants. Nous sommes nés pour manifester la gloire qui est en nous. Cette gloire n'est pas dans quelques-uns. Elle est en nous tous. Et si nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission que leur lumière brille. Si nous sommes libérés de notre propre peur, notre seule attitude libère automatiquement les autres de leur peur. »
Marianne Williamson
Introduction
Ce texte est un témoignage écrit avec la collaboration étroite et amicale de ma patiente. Il raconte comment celle-ci a traversé l’épreuve du cancer et en a guéri grâce à sa détermination, à sa lucidité quand aux limites de la médecine classique et à son envie de prendre les choses en main.
Françoise L. a connaissance de son diagnostic de cancer peu après avoir fêté son 55ème printemps. Elle a vécu 20 années de sa vie en Australie, proche de la nature. Elle est initiée au niveau 2 de Reiki et pratique la méditation régulièrement. C’est ainsi qu’elle décide de ne pas s’en remettre aux médecins les yeux fermés. « A eux le corps, à moi l’âme », pourrait-elle dire… Bien sûr, il n’est pas question de se passer de l’arsenal thérapeutique classique : « il est impératif d’être pris en charge par une structure compétente (le centre Léon Bérard en ce qui la concerne), mais je suis convaincue qu’après avoir vécu cette expérience, il est utile d’aller plus loin et de travailler sur les causes de la maladie. L’être humain est holistique, il faut traiter le corps et l’esprit » dit-elle.
Dans sa quête, l’hypnose - aux côtés d’autres techniques - occupe une place importante, voire centrale. C’est ce que ce mémoire expose dans ces quelques pages.
Abemus papam……
19 avril 2005 : un petite fumée blanche s’élève dans le ciel de Rome sous les yeux de milliards de personnes dans le monde… « Abemus papam », nous avons un Pape…. Pour Françoise L., cette date résonne à sa mémoire avec un tout autre sens : « vous avez un cancer » se souvient-elle, les yeux mouillés d’émotion. Un véritable choc, l’impression d’étouffer, que le monde s’arrête : « c’est comme une chape de plomb qui s’abat sur moi, la sensation que les couleurs se modifient, que les sonorités se distordent tout d’un coup, le goût dans ma bouche se modifie, tourne à l’amertume… ». « Nous avons un pape, vous avez un cancer…. J’ai un cancer !!! ». Tout se mélange, la certitude du diagnostic, le doute quant à l’avenir, à ce qui va se passer à court et moyen terme. A tout jamais, le nom de ce pape carcinogène restera gravé tel un ancrage dans son esprit…
Alors même que cette terrible nouvelle était attendue, Françoise se retrouve KO debout en lisant et relisant le diagnostic : « carcinome non à petites cellules, vraisemblablement à type adénocarcinome ». En clair : une tumeur cancéreuse au poumon droit…
Françoise se repasse le film dans sa tête en accéléré. Le décès de ses deux parents à 15 jours d’intervalle en août 2004, une mauvaise pneumopathie en janvier 2005 et la détection d’une tache suspecte au poumon droit lors d’une radio de contrôle. Puis c’est l’enchaînement des examens entre février et mars 2005 : biopsie des bronches, analyses, scanner, fonction respiratoire, etc. Et puis, le 19 avril, le diagnostic tombe, tel un couperet, comme une sentence.
Premier rendez-vous au Centre Léon Bérard
Le rendez-vous est pris au centre Léon Bérard une semaine plus tard [1]. Françoise y découvre la froideur du monde médical. Le premier rendez-vous se passe avec des tensions d’autant plus fortes qu’elle refuse le protocole de chimiothérapie qui lui est proposé alors. Elle est en train de finir de régler l’ensemble des problèmes de succession de ses parents et doit procéder à la mise en vente de la demeure familiale. Elle fixe donc un nouveau rendez-vous à son oncologue deux mois plus tard.
Durant cette période, elle va s’employer à dynamiser son système immunitaire grâce à l’homéopathie et la naturopathie. Elle commence donc par un nettoyage en profondeur de l’organisme : le foie, les reins et le sang. Puis elle rencontre un « phyto-neuro-biologiste » qui utilise avec elle différentes techniques dont la kinésiologie, la phytothérapie et la chromothérapie. Elle effectue alors un travail de recherche de toutes ses émotions non gérées à l’origine de son cancer. Dès la première séance elle en identifie sept, dont les deux plus fortes remontent à 12 ans, dans la même année. Effectivement, le 24 janvier 1994, son mari la quitte pour une femme de la moitié de son âge… et le 25 décembre 2004, suite à une dispute lors du repas de Noël, ses parents la mettent à la porte de la maison familiale avec sa fillette. « Mon père nous a dit que nous pouvions partir, mais c’est ma mère qui a prononcé la sentence d’exclusion en me demandant quand est-ce que je partais » appuie-t-elle.
Pour résoudre la première émotion, elle effectue une correction « neurophysiologique » en se tapotant sur les méridiens d’acuponcture en se répétant la phrase d’émotion : « je ne comprends pas l’abandon de mon mari ».
Puis, pour la seconde émotion, elle se tapote sur les pommettes en répétant la phrase : « je n’admets pas le rejet de mes parents », jusqu’à ce que l’émotion disparaisse.
Elle réussit ainsi à se libérer de ses deux principales émotions négatives. Les cinq autres, mineures, sont également rapidement évacuées.
Il est important de bien noter ces deux émotions principales car c’est grâce à une régression sous hypnose que Françoise parviendra à retrouver et éliminer la toute première émotion non gérée qu’elle estime être à l’origine de son cancer.
Françoise s’administre également elle-même des soins grâce à sa pratique du Reiki [2] et continue également à se nettoyer intérieurement, notamment de ses métaux lourds, tels que le plomb et le mercure. Elles fait remplacer tous ses plombages et suit plusieurs séances d’Aquadetox [3].
La tumeur augmente de 15 %
Lors du deuxième rendez-vous au Centre Léon Bérard, le scanner révèle que la tumeur a progressé de 15%. Françoise est déçue : tout ce qu’elle a fait d’elle-même durant ses deux mois n’a pas suffit. « Ce dont je suis persuadée aujourd’hui, c’est que les deux approches, traditionnelle et alternative sont indispensables, l’une ne va pas sans l’autre et il est vain de les opposer » poursuit-elle.
Un protocole de chimiothérapie est donc décidé et Françoise se fait poser un « pac » le 15 juillet 2005. Ce « pac » est en fait une chambre à cathéter implantable, un petit boîtier implanté sous la peau et relié à un cathéter lui même implanté dans une grosse veine. Posé sous anesthésie locale, ce système permet d'administrer des traitements par voie intraveineuse (perfusions) sans solliciter les veines du bras, qui peuvent alors être réservées aux prises de sang. Il est notamment utilisé pour les chimiothérapies anticancéreuses.
La première chimiothérapie se déroule le 22 juillet 2005, un vendredi, se souvient Françoise. Le protocole prévoit 3 injections de Carbo-taxol espacées de 3 semaines, suivies d’un scanner de contrôle à l’issue de la première et de la troisième séance. « Cette première chimio a duré 4 heures et s’est très bien passée. Je crois que mon corps qui était bien préparé et nettoyé a parfaitement bien répondu », témoigne t-elle.
De fait, durant 48 heures, Françoise ne ressent aucun effet secondaire. Puis le dimanche soir, l’enfer ouvre ses portes…
« La douleur était telle que j’ai sombré dans une demi-inconscience, explique t-elle, la gorge nouée. Il s’agissait d’une douleur inconnue pour moi, une douleur épouvantable à la moelle épinière, très diffuse et incontrôlable. Je la sentais à l’intérieur de mes os, dans la colonne vertébrale et aussi dans les os du corps, les bras, les jambes. Elle était vivante, elle bougeait, changeait de direction, montait et descendait dans le corps, passait de droite à gauche et de gauche à droite. J’étais alors clouée au fond de mon lit, totalement impuissante, seule, perdue, éperdue »…
Lundi, vers 2h00 du matin, elle ressent une violente douleur au niveau du poumon droit durant 20 à 30 minutes. « Une éternité…. Sur une échelle de 0 à 10, je la situerai à 9 ou 10, c’était à la limite du tolérable, pratiquement insupportable. Je ne saurais dire dans quel état j’étais. J’ai alors vu devant moi, en trois dimensions, comme une lame qui séparait la tumeur de la plèvre. L’ai-je rêvé ? Etait-ce l’immensité de la douleur qui me faisait délirer ? Puis j’ai vu mes mains devant moi, comme avec des doigts de métal prendre cette tumeur et l’écraser avec des bruits de sussions pour l’anéantir. Ces douleurs ont duré jusqu’au mardi soir. J’avais très soif, j’étais incapable de dormir et je ressentais une forte oppression au niveau du thymus. Mon visage était rouge écarlate, la peau du corps grise avec des marques rouges à toutes les pliures ».
Le samedi 30 juillet, les effets secondaires semblent s’atténuer et à partir du mercredi 3 août, soit dix jours après la première injection, Françoise commence à perdre ses cheveux par poignées. Au-delà de la gêne physique, Elle est en permanence embarrassée par les cheveux qui la grattent sans arrêt. Elle décide donc de se faire raser la tête, une semaine plus tard, au Centre Léon Bérard, le jeudi 11 août. Ce jour-là, elle passe également une scintigraphie osseuse qui la rassure : pas de métastases au niveau du squelette….
Réaction allergique à la deuxième chimiothérapie
Lors de la deuxième chimiothérapie, le vendredi 12 août, Françoise réagit violemment par une allergie et une oppression forte du thymus. Elle frôle le choc prophylactique… A priori, cette réaction est due au Taxol, supprimé du mélange qui lui est injecté. La douleur est également présente, mais seulement à 30% des précédentes crises traversées. Françoise se sent en équilibre instable. Cette sensation de perte d’équilibre se prolonge dans les jours suivants. Elle dort beaucoup le lundi suivant et le mardi, elle émerge un peu, très affaiblie et en constante perte d’équilibre.
Tant que la tumeur continue de croître, elle n’est pas opérable. De plus, certaines cellules cancéreuses peuvent s’échapper de la tumeur et entraîner des métastases sur un autre organe.
Durant la semaine du 22 au 26 août, elle ressent des vertiges et une impression bizarre au niveau du thymus, qu’elle compare à des jets de karcher violents. Certaines zones du corps deviennent plus sensibles, comme par exemple les ongles des pieds.
Françoise monte à Roissy le 27 août afin d’accueillir Angélique, sa fille, qui rentre d’Australie. Elle en profitera pour acheter des tongs, les seules « chaussures » supportables à ce moment …
Une séance d’hypnose avant la troisième chimiothérapie
La troisième chimiothérapie est fixée le 6 septembre. Je rencontre Françoise pour sa première séance d’hypnose la veille, le jeudi 5 septembre.
Elle entre dans mon cabinet, souriante et détendue, sa tête est enveloppée dans un turban. Il fait chaud en cette fin d’après-midi… « Cela vous dérange-t-il si j’enlève mon turban ? Certaines personnes sont parfois gênées par ma nouvelle coiffure », me lance-t-elle.
« Faites, généralement les chauves sourient et c’est bien agréable », osais-je.
« Tout d’abord, je voudrais savoir comment vous appelez votre maladie ? ».
Je dis que j’ai un cancer du poumon ou que je me suis fait un cancer du poumon ».
La glace est rompue et nous commençons l’anamnèse durant laquelle elle m’expose tout son historique ainsi que les phases les plus récentes de son traitement.
« Mon objectif est simple, dit-elle : ma tumeur est actuellement en progression et tant que cela continue, je ne suis pas opérable. Je veux que ma tumeur régresse afin d’être opérée. Pour moi, il s’agit d’une question de vie ou de mort.
Compte tenu du travail que j’ai fait sur moi, j’ai conscience que l’origine de mon cancer remonte à la séparation d’avec mon mari et que le déclencheur a été le décès de mes parents. Je pense qu’il me faut aujourd’hui remonter loin dans le passé afin de retrouver ma mémoire cellulaire et de faire les corrections qui s’imposent. Je veux aller au fond des choses, comprendre le message adressé, ce que je n’ai pas encore vu…».
Je termine rapidement l’anamnèse avec la conviction qu’une Remodélisation Hypnotique d’histoire de Vie s’applique parfaitement dans ce cas. Françoise est heureusement ma dernière patiente. Elle est installée confortablement dans son fauteuil.
« Bien, tout d’abord, je vais vous demander de penser à votre cancer, de le ressentir à l’intérieur de vous. A-t-il une forme particulière ? Une couleur ? Un poids ? Ce n’est pas la peine de répondre, juste pensez-y fortement, concentrez-vous sur cette sensation. Je sais que cela n’est pas franchement agréable mais nous avons besoin de l’énergie contenue dans cette émotion afin d’en retrouver son origine ».
Françoise change de physionomie, sa respiration s’accélère. « C’est bien, vous y êtes ? Signe de la tête… OK et maintenant sortez de là. Vous faites comme à la piscine, vous vous laissez descendre au fond et vous mettez un bon coup de pied afin de remonter rapidement.
Bien voilà, et maintenant vous pouvez commencer à vous installer dans une position dans laquelle vous vous sentirez bien, et c’est plus agréable quand on est confortable et vous pouvez d’ailleurs prendre plaisir à commencer à découvrir un certain confort. Et vous n’êtes pas obligée de m’écouter, ni de faire quoi que ce soit, juste laisser faire.
Et vous respirez calmement et de plus en plus profondément et le corps commence à se détendre, et à chaque inspiration, vous pouvez entrer de plus en plus dans un état modifié de conscience.
Et à chaque inspiration, vous fermez les yeux. Et vous les ouvrez à l’expiration et à chaque inspiration, vous laissez les yeux se fermer, puis se fermer à l’expiration, voilà à chaque inspiration les paupières se ferment, puis s’ouvrent encore et c’est comme si, à chaque inspiration, les paupières restent fermées, un peu plus longtemps à chaque fois. […]
Juste vous laisser l’inconscient remonter le temps, comme on rembobine un film sur un magnétoscope, vous laisser les images se dérouler à toute allure en marche arrière, juste à la recherche d’une séquence où vous ressentez cette émotion ».
Françoise s’est laissée aller dans une transe profonde. Elle semble vouloir parler et je l’encourage.
« J’ai trois ans, dit-elle avec une petite voix ».
« C’est très bien. Prenez le temps de voir, d’entendre et de ressentir tout ce qu’il y a d’utile et d’important pour vous à connaître. Allez encore plus loin, et ma voix vous accompagne, aussi loin que l’esprit inconscient souhaitera aller, au tout début, à l’origine de tout cela (ancre maintenue) ».
Françoise ne parle plus maintenant, comme si elle était bloquée. Je suppose qu’elle est peut-être trop petite pour parler en étant associée.
« En restant bien assise confortablement ici, vous allez projeter tout ceci sur un écran, comme au cinéma, et me décrire ce que vous voyez et ce que vous entendez, sans ressentir quoi que ce soit de pas vraiment agréable ».
Tout d’un coup, Françoise pleure et crie : « je ne suis pas moi, je suis mon frère ».
« Où êtes-vous, que voyez-vous », lui demandais-je un peu perdu ?
« Je suis dans le ventre de ma mère, je vais mourir »…
Ce n’est qu’à la fin de la séance que Françoise m’expliquera que deux ans avant sa naissance, sa mère a trébuché sur une grille dans la rue et en tombant, a perdu un bébé à son cinquième mois de grossesse. Mais pour l’instant, je suis de plus en plus perdu…
« Remontez encore plus loin, faites comme à la piscine, aidez-vous d’un bon coup de pied dans le fond et remontez encore plus loin ».
« Oh non, ce n’est pas vrai, dit-elle en pleurant. Non pas ça… » Elle décrit son père en train de forcer sa mère à faire l’amour, suite à une remarque de celle-ci sur la faiblesse de la fréquence de leurs rapports… « Maman n’est pas d’accord car papa est en colère », dit-elle.
« Allez encore avant, plus avant, avant tout cela, à l’origine de tout ».
« Je flotte, je suis comme une entité sans corps, non incarnée dit-elle. Je vois mes parents, mais je ne veux pas rentrer dans ma mère »
« Que vous faut-il pour en avoir envie ? »
« Rien, je ne veux pas y aller. »
« Prenez bien le temps de vivre pleinement cet instant particulier et d’en retirer tous les apprentissages nécessaires à plus de compréhension et donnez vous toutes les ressources nécessaires pour vous incarner et pour agir différemment. Faites-vous un lien entre cette situation et la situation présente, votre cancer. »
Françoise reste coincée durant une vingtaine de minutes qui me paraissent une éternité. Elle refuse de rentrer dans sa mère, de s’incarner. Or, il n’est pas question de la laisser là...
« Recherchez tous les comportements, les qualités et les talents nécessaires qui vous permettront d’être et d’agir différemment tout au long de votre vie. Et maintenant regardez-vous vous incarner et ressentez cette paix, ce confort et s’il y a besoin d’autre chose, rajoutez-la.
Ressentez la vie grandir en vous, à ce moment précis de cette incarnation et ressentez la force de la vie, son importance. Vivez pleinement ce moment magique et rassasiez-vous en. Et réactualisez tout ce à quoi vous croyez. Et sentez cela se cristalliser en vous, bouger, vivre et croître en vous. »
Françoise semble apaisée et sourit maintenant.
« Bien, c’est très bien et vous pouvez prendre du plaisir à vivre ce que vous vivez en ce moment et à le laisser grandir et se développer encore en vous.
Et reprenez rapidement le chemin du présent à présent, juste pour revenir bien ici et maintenant en repassant par toutes les étapes précédentes et en ressentant toutes les différences maintenant qui s’installent et se développent. Comme par exemple lorsque vous aviez trois ans. Et laissez vous grandir, vous fortifier et revenir bien ici et maintenant.
Et maintenant que vous êtes revenue bien ici et maintenant le lundi 5 septembre 2005, vous vérifiez bien que vous occupez toute votre enveloppe corporelle et que vous faites bien la même taille et que vous avez bien l’âge adulte qui est le vôtre.
Et sentez-vous libre de garder ce qui est bon pour vous, et d’améliorer ce qui est utile pour que ce soit bon pour vous et puis souvenez-vous d’oublier ce qui ne vous est pas utile.
Et ce travail va continuer bien longtemps après la fin de cette séance et votre inconscient peut continuer de travailler sur votre objectif de santé sans même que vous le sachiez et il peut renforcer votre détermination à chaque inspiration. […]
Et dans un moment, vous allez prendre deux ou trois bonnes respirations avant de revenir bien ici et maintenant, d’abord lentement puis rapidement avec la sensation agréable que quelque chose de bien est arrivé et vous pourrez vous attendre à être merveilleusement étonnée, dans les jours qui viennent par ce changement agréable et positif dans votre vie. Une vie plus positive, grâce à une attitude plus positive, grâce à plus de confiance en vous, d’estime de vous-même.
Vous entendez cette voix qui pourrait bien être la vôtre, la voix de votre inconscient. Cette voix qui dans quelques instants va décompter de 7 à 0 et, au zéro, vous ouvrirez les yeux sur l’avenir. Un avenir positif, de santé, de confiance en vous, d’équilibre, d’optimisme.
Sept : […]
Six : […].
Cinq : […]
Quatre : […]
Trois : […]
Deux : […]
Un : étirez-vous maintenant calmement, tranquillement, vous respirez profondément. Vous êtes bien, calme, détendue. Vous respirez librement, tranquillement.
Et zéro : vous pouvez ouvrir vos yeux sur votre vie nouvelle, une vie positive, optimiste, pleine de lumière, d’harmonie et d’équilibre. »
Françoise reprend un niveau de conscience normal. Il est 20h30 et elle est encore secouée par cette séance de plus d’une heure trente.
Je ne souhaite pas faire de débriefing car je préfère que tout ce qu’il y a de bien reste imprégné. Elle dira seulement, en parlant de ses parents « je suis étonnée mais je ne suis pas surprise… ».
Puis, en se levant : elle se retourne vers moi et me lance « je sais que je suis guérie ».
J’accueille sa remarque sans broncher, en cachant ma surprise. Et si c’était vrai ?
[Avec le recul, il nous apparaît que c’est lors de cette séance de régression que Françoise a compris à quel point la notion de rejet est ancrée en elle, puisque cette expérience a commencé avant son incarnation. Cette prise de conscience lui a permis ainsi de ce libérer de cette émotion.].
Nous prenons rendez-vous pour le 20 septembre, sachant que le scanner est prévu le 14 septembre.
Le 14 après-midi, je reçois un sms sur mon téléphone portable, alors que je suis en séance : « tumeur réduite de 35%, opération possible. Merci ».
J’en ai les jambes coupées, les larmes aux yeux. J’ai gardé ce SMS des mois durant en mémoire dans mon téléphone.
Mais la deuxième séance n’aura pas lieu…
La troisième chimiothérapie qui a eu lieu le 6 septembre, semble avoir un effet secondaire non prévu : le déclenchement d’une aplasie : la moelle osseuse ne fabrique plus de globules blancs, les leucocytes, dont la fonction première est de combattre les infections. Alors qu'il n'y a qu'une sorte de globules rouges et qu'une sorte de plaquettes, il y a plusieurs sortes de globules blancs différents.
En temps normal, il y a au total entre 5000 et 10 000 globules blancs. Les globules blancs peuvent être en faible nombre, lors d’effets secondaires de la chimiothérapie notamment. La formule sanguine est le détail des différents globules blancs comptés. Ces globules blancs sont les polynucléaires neutrophiles, les polynucléaires éosinophiles, les polynucléaires basophiles, les lymphocytes et les monocytes. Les neutrophiles (on entend parfois parler de "neutro") sont la catégorie de globules blancs la plus importante. S'ils ne sont pas en quantité suffisamment importante, on parle de neutropénie. Les neutrophiles sont la seule catégorie de globules blancs capables de combattre les infections bactériennes. Les infections bactériennes peuvent être très dangereuses et évoluer très rapidement chez une personne neutropénique (par exemple, suite à la chimio). C'est pourquoi on vous demande d'aller à l'hôpital sans tarder pendant la période d'aplasie. Une infection bactérienne est toujours à redouter en cas de fièvre et des antibiotiques à forte dose seront donnés systématiquement pour pallier le manque de neutrophiles. On considère qu'au dessus de 1000 neutrophiles, le corps est capable de se défendre contre la majorité des infections bactériennes. Le risque infectieux devient très sérieux lorsque les neutrophiles sont en dessous de 500. Il convient d'être d'une extrême vigilance en cas de neutrophiles sous la barre des 100.
Françoise est à 60 le 19 septembre… Elle est ramenée d’urgence à Léon Bérard après avoir passé le week-end à l’hôpital de Villefranche sur Saône. Sa numérotation de neutrophiles varie autour de 200 durant le début de la semaine.
Je passe voir Françoise dans sa chambre au Centre Léon Bérard le jeudi 22 septembre, juste pour lui dire bonjour. Elle a le visage fatigué, parle faiblement et doucement. Quel changement par rapport à sa première visite….
« Vous me faites une séance ? » demande-t-elle en plaisantant. Ce n’est pas vraiment le lieu, d’autant plus qu’en l’espace de 30 minutes, plusieurs soignants entrent dans la chambre. En revanche, je demande à Françoise de m’expliquer avec ses mots, l’origine du problème et surtout ce qu’il faudrait pour le résoudre. J’envisage de lui enregistrer un CD-ROM dans la soirée afin qu’elle l’écoute plusieurs fois dans la journée du vendredi.
Je lui porte le CD enregistré dans la nuit, avec un montage de musique, le vendredi matin 23 septembre. Il a une durée de 55 minutes. Françoise écoute cet enregistrement six fois dans la journée de vendredi.
Le samedi matin, son dosage est passé à 470. Elle a le droit de rentrer chez elle. Le lundi 26 elle passe à 1100, puis le mercredi suivant à 3000. Victoire ! Les indicateurs sont au beau fixe. L’opération est possible et la date est alors fixée au 20 octobre 2005.
Le chirurgien lui retire le lobe inférieur et le lobe médian du poumon droit, ce qui correspond à 40% du volume des deux poumons. Le 26 octobre, l’oncologue passe la voir dans sa chambre, tout sourire : « Madame, vous êtes guérie, totalement, guérie, vous n’aurez ni chimio, ni radiothérapie complémentaires. La partie que nous avons enlevée durant l’opération ne contenait aucune cellule cancéreuse. Vous aurez seulement un suivi trimestriel à faire. Vous sortez le 1er novembre ».
Aujourd’hui, Françoise se porte bien, ses cheveux ont repoussé, elle a perdu du poids. Elle a récupéré 90% de sa capacité pulmonaire seulement 4 mois après son opération. Elle rayonne. Nous avons retravaillé ensemble encore deux fois en décembre afin de nettoyer les angoisses de rechute et pour faire le deuil d’une relation affective qui n’a pas survécue à cette épreuve….
« Je tiens à témoigner de cette expérience pour les autres patients atteints de cancers, afin qu’ils ne se laissent pas broyer psychologiquement par la machine de l’hôpital. Il s’agit d’un combat de chaque instant et l’esprit a son rôle à jouer dans la guérison du corps », conclue-t-elle.
[1] Centre régional de lutte contre le cancer, le Centre Léon Bérard est un établissement de soins spécialisé en cancérologie. Il a une vocation régionale qui couvre les huit départements de la région administrative Rhône-Alpes (Ain, Ardèche, Drôme, Isère, Loire, Rhône, Savoie, Haute-Savoie), mais son rayonnement va bien au-delà puisqu'il prend aussi en charge des malades venant d'autres départements français et même de l'étranger. http://oncora1.lyon.fnclcc.fr/
[2] Le Reiki Traditionnel est une pratique énergétique japonaise stimulant les mécanismes naturels d’auto-guérison du corps et de l’esprit. Il prend ses sources dans les grandes traditions orientales (Bouddhiste, Taoïste, Shintoïste) tant sur un plan psychique, physique, qu’énergétique. Le Reiki a été fondé par un Japonais du nom de Mikao USUI (1865 – 1926).Toute l’originalité de sa méthode a été de vouloir simplifier les pratiques spirituelles énergétiques d’origine Bouddhiste par une pratique agnostique accessible à tout le monde http://www.federeiki.com/.
[3] L’AquaDetox est un bain de pieds d’eau légèrement saline dans lequel deux électrodes sont introduites sous la forme d’une bobine (array). Les deux électrodes fonctionnent alternativement par un courant électrique de bas voltage. Le courant produit ainsi un flux ionique dans l’eau. La stimulation bio-énergétique a un effet positif au niveau de la micro-circulation. La micro-circulation fait partie de la circulation liquide du corps ayant directement part dans les actions interchangeables des substances entre le sang et les tissus de l’organisme. La micro-circulation joue un rôle très important dans la régularisation de l’oxygène et des substances nutritives pour les tissus ainsi qu’une excrétion propre des déchets. http://www.aquadetoxfrance.com/Index.htm
Le site de Jean-Michel Gurret